La loi du 27 juillet 2023, dite loi anti-squat, a modifié plusieurs mécanismes liés aux loyers impayés. Raccourcissement du délai de commandement de payer, création d’une infraction pénale pour occupation sans droit ni titre, clause résolutoire systématisée dans les baux : les ajustements touchent autant la procédure d’expulsion que les obligations respectives des bailleurs et des locataires. Voici ce que ces dispositions changent concrètement par rapport au cadre antérieur.
Clause résolutoire et délai de commandement : comparatif avant et après la loi
Le changement le plus tangible concerne le délai accordé au locataire après réception d’un commandement de payer. Pour les baux signés après le 28 juillet 2023, ce délai passe de deux mois à six semaines. La différence paraît mince sur le papier, mais elle raccourcit mécaniquement l’ensemble de la chaîne procédurale.
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| Élément | Avant la loi (baux antérieurs) | Après la loi (baux signés à partir du 28/07/2023) |
|---|---|---|
| Délai du commandement de payer | 2 mois | 6 semaines |
| Clause résolutoire dans le bail | Fréquente mais facultative | Intégrée de plein droit |
| Infraction pour maintien sans droit ni titre | Inexistante | Créée, assortie d’amendes |
| Médiation préalable | Recommandée | Obligatoire avant saisine du juge |
La clause résolutoire de plein droit constitue l’autre pivot de la réforme. Auparavant, un bailleur devait vérifier que son contrat contenait bien cette clause pour pouvoir demander la résiliation sans passer par un jugement au fond. Désormais, la clause résolutoire est intégrée d’office dans tout nouveau bail d’habitation. Le locataire qui ne régularise pas sa dette dans le délai imparti voit son bail résilié automatiquement, sous réserve de la validation par le juge de l’exécution.
Pour couvrir le risque financier lié à ces procédures, souscrire une assurance garantie loyer impayé permet de prendre en charge les loyers non versés dès le premier incident et de financer les frais de procédure.
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Infraction pénale pour occupation illicite : ce que la loi ajoute au droit existant
Avant juillet 2023, un occupant resté dans les lieux après l’expiration ou la résiliation de son bail se trouvait dans une zone grise juridique. Le propriétaire devait engager une procédure civile longue pour obtenir son départ, sans levier pénal.
La loi crée une infraction spécifique pour le maintien dans un logement sans droit ni titre. Cette qualification pénale permet au bailleur de déposer plainte et d’obtenir, en théorie, une intervention plus rapide des forces de l’ordre. L’infraction est assortie d’amendes dont le montant vise à dissuader les occupations prolongées après résiliation du bail.
En revanche, cette disposition ne s’applique pas aux locataires en cours de procédure d’expulsion dont le bail n’a pas encore été résilié par décision de justice. La distinction entre locataire défaillant et occupant sans titre reste un critère déterminant pour le juge.
Procédure d’expulsion pour loyer impayé : étapes et rôle de l’huissier
La procédure d’expulsion conserve sa structure en plusieurs étapes, même si les délais ont été comprimés. Voici la séquence type après un incident de paiement :
- Le bailleur adresse un commandement de payer par l’intermédiaire d’un commissaire de justice (anciennement huissier). Le locataire dispose de six semaines pour régler sa dette ou proposer un plan d’apurement.
- Sans régularisation, la clause résolutoire produit ses effets. Le bailleur saisit le tribunal judiciaire pour faire constater la résiliation et obtenir une ordonnance d’expulsion.
- Le commissaire de justice signifie la décision au locataire et procède, si nécessaire, à l’expulsion physique avec le concours de la force publique.
Le commissaire de justice reste le seul professionnel habilité à signifier les actes et exécuter l’expulsion. Un propriétaire qui tenterait d’expulser lui-même son locataire, par exemple en changeant les serrures, s’exposerait à des poursuites pénales pour violation de domicile.
La trêve hivernale (du 1er novembre au 31 mars) continue de s’appliquer. Aucune expulsion ne peut être exécutée pendant cette période, sauf décision spécifique du juge dans des cas très encadrés.
Recours du locataire et médiation obligatoire avant le tribunal
La réforme impose désormais une étape de médiation obligatoire avant toute saisine du juge. Le locataire en difficulté financière peut solliciter un conciliateur de justice ou un médiateur agréé pour négocier un échéancier de remboursement avec le bailleur.
Ce plan d’apurement, s’il est accepté par les deux parties, suspend la procédure de résiliation. Le locataire conserve son logement tant qu’il respecte les échéances convenues. En cas de nouveau défaut de paiement, le bailleur peut reprendre la procédure là où elle avait été interrompue.
Les locataires âgés de plus de 65 ans disposant de revenus modestes bénéficient toujours de protections renforcées. Le juge ne peut ordonner leur expulsion sans proposer un relogement adapté à leurs ressources, une disposition qui existait avant la loi et que la réforme n’a pas modifiée.
Garantie loyer impayé et protection du bailleur face aux risques locatifs
Les modifications législatives accélèrent la procédure, mais ne suppriment pas le risque financier pour le propriétaire. Entre le premier impayé et l’expulsion effective, plusieurs mois de loyers peuvent rester non perçus, même avec les délais réduits.
Une assurance garantie loyer impayé reste le mécanisme le plus direct pour couvrir cette période. Ce type de contrat prend en charge les loyers non versés dès le premier incident de paiement et finance les frais de procédure (commandement de payer, honoraires du commissaire de justice, frais de tribunal).
La loi facilite la résiliation du bail, mais ne garantit pas le recouvrement des sommes dues. Un locataire insolvable ne remboursera pas davantage parce que la procédure a été raccourcie de deux semaines. L’assurance comble précisément cet écart entre le droit obtenu et la réalité financière.
La combinaison des deux leviers, procédure accélérée et couverture assurantielle, offre au bailleur une protection plus complète que chacun pris isolément. Le délai de six semaines du commandement de payer ne dispense pas d’anticiper le risque dès la signature du bail.

